Que dit la Défense et illustration ? Que le français est encore dans l'enfance, et qu'il suffit de le fortifier, en le pratiquant, en inventant des mots, en l'enrichissant de toutes les manières, pour le rendre aussi puissant que le grec ou le latin, qui ont eu pour eux la durée, et non un génie intrinsèque. Du Bellay reprend certaines idées exprimées l'année précédente par Sébillet dans son Art poétique, mais les développe dans un style qui manie avec bonheur l'insolence et le lyrisme.
Ce jeune Angevin est un provocateur. Son discours est à la fois théorie et pratique : affirmant les possibilités infinies de la langue, et le nécessaire travail de l'écriture, il arrive naturellement aux conditions de l'art : « mourir en soi-même » et se transformer en sa langue – condition nécessaire pour que la « beauté des mots » passe dans la poésie.
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