mercredi 21 mars 2018

L'amour de l'étude

Voilà donc Du Bellay à Poitiers dans un milieu soudain lettré, autour de Marc-Antoine Muret et Macrin. La langue d'enseignement est le latin, mais il semble bien, par ses références ultérieures, que Du Bellay se plonge plus volontiers dans Virgile, Lucain, Horace, Quintilien ou Martial que dans Cicéron. Dès 1543, il rencontre Jacques Peletier du Mans et Ronsard. Ensemble, ils partent pour Paris en 1547 (René Du Bellay vient de mourir, affranchissant son frère de sa tutelle) suivre les cours de Dorat au collège Coqueret.


Dorat est le maître commun à tous ces jeunes gens qui vont former le noyau dur de la Pléiade. Il les initie à l'humanisme et aux humanités, au latin et surtout au grec, inconnu de la plupart, leur fait lire les textes dans les originaux, et les encourage en même temps à traduire, à imiter, et à s'affranchir des modèles. Toute la vie poétique de Du Bellay tient dans ces trois points : souvent il a traduit, longtemps il a imité, s'est imprégné, dégageant finalement une voix personnelle

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